vendredi 6 juillet 2018

Sports

Pour pouvoir pratiquer le yoga, j'avais inscrit Awa et Bean dans un camp multisports. J'ignorais tout de la grande qualité de cette prise en charge où 50 enfants, entourés par des enseignants de sport professionnels ont pu expérimenter 22 sortes de sports différents. En une semaine, les enfants ont appris à collaborer, à s'entraider, mais également à concourir dans le respect les uns des autres. Les jumeaux ont adoré et si vous avez la patience, vous pouvez jeter un coup d'oeil sur la vidéo, ça vaut vraiment la peine!
Esprit sports +
Résultat de recherche d'images pour "simpsons sports"

lundi 25 juin 2018

Vive la musique

Il y a quelques années, j'ai publié une courte note sur mon ancien blog, note que j'affiche ci-dessous. Ce soir, nous nous sommes rendus à l'apéritif de fin d'année du prof de musique des boubies. C'était notre vingt-quatrième apéritif chez le même enseignant! Les boubies sont des musiciens moins convaincus que leurs grands frères, néanmoins, il persévèrent et continuent à pratiquer les percussions.

La grande nouveauté depuis que Naïm qui continue à jouer du vibraphone dans un club de jazz a quitté notre domicile, c'est que nous logeons des musiciens professionnels qui viennent se produire épisodiquement dans la ville. Par notre rôle de famille d'accueil, nous avons fait des rencontres incroyables et les boubies côtoient des modèles positifs. L'autre jour, notre invité flûtiste s'exerçait alors que les enfants rentraient de l'école. A peine s'était-il arrêté de jouer, qu'ils ont sorti leur flûte à bec à leur tour. 


Voici donc le texte de mon ancien blog: "Cela fait presque vingt ans que je vais écouter mes enfants à l'occasion d'auditions de musique et je n'en suis pas peu fière. Ce soir, Awa et Bean ont joué les claves. Ce n'est pas encore la batterie, ni le xylophone, mais c'est un début. En partant de l'audition, Bean m'a toutefois rappelée que son instrument préféré est la guitare électrique: "parce qu'elle fait beaucoup de bruit!" Ah, bon, parce que les percussions n'en font pas assez???

Malheureusement la vidéo de leur prestation est trop lourde pour être affichée ici, j'affiche donc celle prise lors des préparatifs!!!"

lundi 21 mai 2018

Sally Mann

L'idée première de mon blog était de perpétuer un blog plus ancien que j'ai fermé. Pour faire revivre un peu cette page délaissée, je vais copier quelques billets passés. Celui-ci sur la photographe américaine Sally Mann date de 2011. Décidément, le temps passe trop vite!

Une parmi les nombreux photographes que j'apprécie vraiment est Sally Mann. Je n'avais pas pu me rendre à l'exposition que le musée de l'Elysée lui avait consacré, mais j'y ai trouvé et acheté le livre Immediate Family dans lequel elle propose les portraits de ses trois enfants, Emmet, Jessie et Virginia. D'emblée, ses photos ont exercé une fascination presque malsaine sur moi: ses enfants sont tous trois magnifiques. Or, ils sont toujours mis en scène pour suggérer une narration qui suscite un trouble, un certain embarras chez le spectateur. Alors que Sally Mann ne montre au fond que les jeux innocents, les situations de la vie quotidienne de ses enfants qui sont souvent nus à cause de la chaleur du Sud des États Unis, ses images en noir et blanc révèlent en fait le regard voyeur des spectateurs dont je fait partie.
 La cigarette de Jessie est en fait une sucrerie!
Cette avant-dernière photo m'est tout simplement insupportable!!! Elle est d'ailleurs intitulée: The terrible picture.
Au kibboutz, j'ai pris une photo d'Awa qui me rappelle un peu l'univers menaçant de Sally Mann, en toute modestie, évidemment. Mais j'aime bien cette photo:

dimanche 25 mars 2018

Petit chien

Ma fillette, Awa, se trouve par moments confrontée à des difficultés d'ordre social. En classe, elle n'a que cinq copines qui ont tendance à se chamailler, à s'allier les unes contre les autres, à se rabibocher avant de se disputer à nouveau. En tant que fidèle lectrice d'Elena Ferrante, je reconnais les rapports complexes entre fillettes décrits dans la quadrilogie, bien que les drames vécus par ma fille ne se jouent évidemment pas sur fond de bas quartiers napolitains, ni de camorra. A cause de ses difficultés et d'une certaine solitude qui en résulte, contrairement à Bean qui n'a que l'embarras du choix de camarades et d'amis, également à cause de ma crainte de la voir s'isoler comme son grand frère, j'ai fait voir Awa par un psy qui a su lui redonner un peu confiance sans toutefois réussir à résoudre ses défis relationnels.

Or, Awa rêve d'un chien. Je ne suis pas complètement opposée à son idée, car je pense qu'un compagnon à quatre pattes lui ferait du bien, contribuerait à l'équilibrer... Mais Awa ne rêve pas juste d'un chien, non, elle rêve et parle sans cesse d'un petit modèle d'origine japonaise: d'un shiba inu. Elle le rappelle chaque fois qu'une occasion se présente. Pour arriver à ses fins, elle essaie d'avoir un comportement exemplaire, d'obtenir de bonnes notes à l'école, de se montrer docile et sage. Elle ne recule devant aucun sacrifice pour que nous cédions à son rêve, ce qui peut être pratique, vu son caractère bien trempé.

J'ignorais tout des shiba inu. Je me suis documentée à leur sujet sur internet et ai appris des informations passionnantes au sujet de ces petits chiens (soit "shiba" - petit - "inu" - chien en japonais), par exemple qu'ils sont très intelligents, propres et vifs. Après avoir presque disparu, ils sont à présent des chiens très convoités, à la mode. Awa, ou plutôt le shiba inu a réussi à nous séduire à notre tour, Mr Bean qui du coup soutient de plus en plus sa sœur, ainsi que moi-même. Or, il reste des obstacles quasi insurmontables avant l'acquisition d'un tel petit chien: son prix, notre disponibilité et surtout le père des jumeaux qui ne veut pas entendre parler d'un chien, pour rien au monde... Or, il ne connaît pas encore les shiba inu...

dimanche 21 janvier 2018

Volcan

Ma première et rare contribution sur mon blog cette année sera en anglais. En effet, j'ai rejoint un club fermé, celui des anciens volontaires des kibboutz israéliens. Pour une grande partie de cette communauté internationale, l'expérience du kibboutz a été une des meilleures jamais effectuées. Nous n'avions rien, sinon les six heures de travail quotidien, la nourriture du chadar haochel (cantine du kibboutz), les fêtes dans les abris et l'insouciance notre jeunesse: une auberge espagnole longtemps avant le film de Klapisch... A présent, ce club hétéroclite cherche à publier un livre de témoignages sur les 70 ans de volontariat et a demandé aux membres de formuler un texte en anglais n'excédant pas 300 mots. C'est court! Je me suis attelée à la tâche et voici ce que cela a donné. Or, j'ignore si mon texte sera retenu et publié...

« What the hell am I doing here? » This question occurred a few times during my four hours flight to Israel on this 3d of October 1979. I was scared of flying; I was even more scared of how to get to kibbutz Gaash. I was rereading Zwi’s letter that explained everything; I knew it by heart, but it didn’t calm my anxiety.
The doors of the plane opened and an amazing smell of hot bitumen and orange flowers overwhelmed me. I went down the staircase, discovering the dusty surroundings, when suddenly someone called my name. Surprised, I didn’t respond immediately. The caller was an elderly Cyclops (Zwi lost an eye during one war). As the director of Carmel AGREXCO, he could come and go on the tarmac. Zwi also was founder of Gaash; he took me through the security check straight to his old Renault12. I began my volunteer’s journey as a VIP! My worries vanished; though I never imagined all what would happen next. On the road, Zwi explained the meaning of Gaash - volcano - as the kibbutz was founded by young, seething South-Americans.
I was a skinny, blonde, 19years old, German goy who grew up in Switzerland. Far away from home and family, I started working in the kibbutz kitchen. A smiling dark haired woman gave me instructions about how to clean and peel vegetables. The work was tough, the crates heavy, I felt dizzy. The dark haired women noticed my weakness and invited me to her “cheder” after work, to eat some cake and get stronger, as she said. It was a lovely afternoon in Rachel’s welcoming, messy bungalow. Until I discovered the number on her left forearm: A-6223. I was stunned. Here was a Shoah survivor feeding a descendant of Nazi Germany… A few years later, this amazing woman would become my beloved mother in law…
L'expérience du kibboutz a constitué pour moi le début de tout ce que je vis à présent, même nos jumeaux adorés en sont la conséquence indirecte...

dimanche 12 novembre 2017

Moi également

Les phénomènes de mode me rendent sceptique et me poussent à les interroger. Il y a quelques semaines, les "me too" ont fleuri sur les réseaux sociaux pour dénoncer le harcèlement sexuel. Cette soudaine vague m'a mise mal à l'aise et j'ai essayé de comprendre pourquoi. Alors que je refuse volontairement de porter des jugements, j'ai soudain eu la désagréable sensation que mes consœurs  affichaient leurs mésaventures un peu comme un trophée, comme pour vanter leur "sex appeal"... Or, il s'agit bien sûr souvent d'événements bien plus graves que de l'harcèlement de rue de ma jeunesse qui consistait principalement en sifflements et interpellations du genre "ciao, bella!".

Notre fille Awa approche à grands pas de l'adolescence. Tôt ou tard, elle sera à son tour concernée par les avances d'ordre sexuel. J'ai malheureusement l'impression que la jeunesse d'aujourd'hui sera davantage touchée par ce phénomène qu'à mon époque où le consensus social et la honte prévalaient encore. Je lui ai déjà donné mon feu vert pour se défendre en cas d'avances ou d'attouchements. Je lui ai expliqué qu'elle ne devait jamais s'en vouloir à elle, que la faute est toujours celle du harceleur, pas celle de la cible. Je l'ai encouragée à parler de toute mésaventure, à avoir confiance en ses parents et la justice. Mon intention est de prévenir plutôt que de guérir, car la guérison est lente voire impossible...

Dans ma jeunesse, j'ai eu droit à ma dose de propositions plus ou moins explicites. Certaines ont laissé des traces indélébiles. Ainsi, je craignais dès l'âge de huit ans de passer à côté de chantiers où je récoltais régulièrement des sifflements et interpellations de tous genres qui me mettaient très mal à l'aise. Avec les années, je me suis construite une carapace, par contre, je n'étais pas préparée à l'assaut d'un oncle par alliance lorsque j'avais quinze ans.

Je passais des vacances chez ma tante aimée en Allemagne lorsqu'elle est sortie un soir, me laissant seule avec son mari. Alors que je préparais un simple repas dans la cuisine, l'oncle m'a rejointe et sans crier gare m'a prise par derrière en me susurrant des mots doux et en m'embrassant. Comme si toutes les alarmes du monde s'étaient activées, je me suis débattue comme une sauvage et ai réussi à m'extraire de son embrassade. Je me suis réfugiée dans la chambre d'amis où j'ai pu m'enfermer à double clef avec la peur au ventre. Il n'a pas insisté, heureusement. Ce bref incident a constitué la fin de mon innocence et de mon enfance. J'étais écœurée par moi-même, par la force du désir que j'avais inconsciemment provoqué sans le vouloir. Désormais, je me vivais comme une garce, une mauvaise fille. Ce sentiment a été empiré par les railleries de l'intéressé dès le lendemain...

Plus tard, d'autres mésaventures me sont arrivées, mais j'étais déjà devenue la méchante qui savait se défendre. Plus de dix ans plus tard, j'ai raconté mon histoire à ma mère. A mon grand étonnement, elle m'a appris qu'elle avait également été mise en difficulté par le même homme alors qu'elle vivait chez sœur pendant son apprentissage de droguiste... Pourquoi donc m'avait-elle laissée partir chez ce prédateur? Pensait-elle que son attitude déplacée ne se reproduirait plus? Était-elle si naïve? Même si j'ai échappé au pire, l'abus de confiance de l'oncle a laissé des cicatrices: une vraie méfiance et un dégoût certain de l'autre sexe...

Mais pour revenir à mon scepticisme, il y a un aspect positif au fait que les femmes s'autorisent de parler comme elles l'ont fait: elles risquent d'entraîner la chute de certains prédateurs sexuels, d'hommes forts et puissants qui se croient au-dessus des lois, en particulier la chute d'un redoutable prédicateur musulman...

L'idée qu'une femme doit coucher pour réussir est encore ancrée dans l'esprit des misogynes rétrogrades. Il faut que cela cesse, qu'enfin les femmes soient appréciées à leur juste valeur, pour leurs réels talents et compétences. Le phénomène "me too" contribue donc à faire avancer la cause des femmes... Aussi, je souhaite à Awa de vivre dans un monde plus équitable, plus sûr. Peut-être que ce sera possible grâce à de tels élans sur internet qui révèlent ce qui dérange, ce qui voulait rester enfoui...

jeudi 7 septembre 2017

Rentrée

Chaque année, c'est pareil, j'appréhende la période de la rentrée.

Souvent, par le passé, mon appréhension a été justifiée. Gamine, j'étais toujours nerveuse à l'idée de retrouver mes camarades anciens et nouveaux après la longue pause estivale, j'étais inquiète par rapport aux nouveaux enseignants, horaires et cours...

Ma pire rentrée avait d'ailleurs été la toute première: je tenais la main de mon voisin et ami, Hans. Quand il a été appelé, je suis partie avec lui, dans sa classe, me cramponnant à sa main. Ce n'est qu'après le nouvel appel de la maîtresse que j'ai pris conscience de l'ampleur de la méprise. Je devais quitter mon cher Hans pour me rendre dans la classe parallèle où au moins trente paires d'yeux curieux et moqueurs m'ont dévisagée. J'avais envie de disparaître pour toujours...

Depuis ce jour honteux, le début de l'année scolaire a régulièrement été synonyme de catastrophes proches ou lointaines. Je me rappelle ce matin de 1997, quelques jours après la reprise de l'école, lorsque le radio-réveil a annoncé la mort de lady Di avant même que j'ouvre les yeux. Exactement, une année plus tard, c'est la nouvelle du crash de l'avion Swissair qui m'a giflée alors que je somnolais encore. En 2001, les attentats de New York m'ont arrachée des livres d'histoire de l'art dans lesquelles j'étais plongée. Je me rappelle avoir dit aux étudiants présents dans la bibliothèque de rentrer chez eux car nous étions au seuil de la troisième guerre mondiale... Démesurée, excessive?

A peine cinq ans plus tard, la police a sonné chez nous pour nous annoncer la mort de notre fils chéri...

Bref, mon appréhension en cette période de l'année a été confirmée par des événements tragiques qui se sont définitivement gravés sur le disque de dur de mon cerveau vieillissant.

En ce qui concerne 2017, alors que la rentrée scolaire s'est relativement bien passée pour les boubies qui ont une nouvelle enseignante réputée exigeante (ce qui me réjouis, eux pas) et semblait harmonieuse pour moi à cause des élèves confiés et de l'horaire idéal concocté, je me suis retrouvée dès le premier jour à l'enterrement d'un ami. Depuis, les mauvaises nouvelles continuent à affluer: la cousine malentendante des jumeaux vit un chagrin d'amour dévastateur et grave, le fils de mon amie d'enfance se retrouve en clinique psychiatrique avec un diagnostique inquiétant et Naïm qui vient d'achever une publication et a été invité à donner une conférence au Japon doit s'y rendre demain... Cette nouvelle devrait me réjouir! Il a la chance de découvrir le pays du soleil levant, le pays qui a tant inspiré Yoav, ceinture noire de karaté, le pays qui se trouve tout en haut de ma bucket list... Or, j'ai peur, vraiment peur! Le fait que Pyongyang a lancé un missile par dessus les péninsules nippones, le fait que son dictateur mégalomane provoque l'autre mégalomane et le reste du monde, le fait que dans mon imaginaire la période de rentrée est synonyme de catastrophes, tous ces faits font que je panique complètement...

Résultat de recherche d'images pour "simpsons school"

A présent, il est trop tard pour une séance de yoga, mais je pense - après avoir déversé mon état d'esprit ici - que je vais aller méditer...